Édito


L’enjeu représenté par la réalisation de la nouvelle liaison ferroviaire Lyon-Turin dépasse de très loin le seul territoire de notre région.

Il s’agit d’un projet européen majeur, qui constitue l’armature d’une infrastructure de transport concernant l’ensemble sud du continent européen, depuis la péninsule ibérique jusqu’aux balkans.

C’est aussi un enjeu pour maintenir les flux d’échanges et un arrimage économique de l’Italie du Nord, la première région industrielle d’Europe à la France, au moment où la réalisation des nouveaux tunnels en Suisse et en Autriche confortent une relation nord-sud, qui ne doit pas devenir exclusive et se substituer à la relation est-ouest.

Cette infrastructure répond aussi au défi écologique alpin, celui de la réduction des émissions polluantes du transport de marchandises, et du bruit depuis la frontière suisse jusqu’au littoral méditerranéen qui subit, dans les Alpes Maritimes, un trafic croissant. La France, l’Italie et l’Europe se sont engagées en faveur du report modal sur le rail en ratifiant la convention pour la protection des Alpes.

Cette infrastructure enfin va être un formidable facteur de développement en permettant la modernisation du réseau ferroviaire entre l’ensemble de la Savoie et les agglomérations de Lyon et Grenoble, en même temps qu’un outil du développement touristique au delà du seul impact économique du chantier.

C’est au regard de ces enjeux que j’ai accepté dans les derniers jours de Décembre la mission qui m’a été confiée par le Premier Ministre, conjointement avec Michel Destot Député de l’Isère et ancien maire de Grenoble, de travailler sur le financement par la France du tunnel de base entre Saint Jean de Maurienne et Suse (57 km pour une valeur de 8,5 milliards d’Euros, avec une participation de notre pays de 2,2 milliards sur 12 ans)

Nous remettrons au mois de juin notre rapport au gouvernement avec la volonté d’apporter une réponse conforme à l’intérêt général, responsable financièrement, sur un projet qui doit pouvoir réunir tous ceux qui partagent l’ambition de la modernisation et du progrès de la France.