Édito



Chère Madame,

Chère Mademoiselle,

Cher Monsieur,

 

 

En ces premiers jours de 2012, dans ce contexte d’incertitudes ambiant, je souhaite la meilleure année possible à chacune et chacun d’entre vous. Je tiens aussi à m’adresser personnellement à vous.

 

Au mois de juin de cette année prendra fin le mandat de député que vous m’avez confié en 2007, en même temps qu’interviendront les élections législatives. Ces dernières auront lieu dans le cadre du nouveau découpage des circonscriptions qui concerne la Savoie, avec la création d’un 4ème siège, conséquence du dynamisme démographique et de l’attractivité de notre département, que rejoignent de nouveaux habitants.

 

Tout au long de ce mandat, je me suis efforcé d’être à l’écoute de chacune et chacun d’entre vous, d’apporter des solutions à vos démarches personnelles, de faire progresser les grands projets de notre circonscription (développement économique et touristique, infrastructures, équipements de santé, logements) et d’accompagner les collectivités territoriales avec impartialité.

 

A l’Assemblée Nationale, j’ai participé aux votes des lois, guidé par le seul  objectif de l’intérêt général, en prenant une part active à la discussion des lois de finances, mais aussi à celles portant réforme des universités ou des juridictions financières, ainsi qu’au débat sur le Grenelle de l’Environnement.

 

Au sein de la commission des finances, mes collègues m’ont, une nouvelle fois, reconduit comme Vice-Président. J’ai poursuivi le travail engagé il y a 10 ans pour une plus grande efficacité de la dépense publique et un renforcement du contrôle parlementaire dans le cadre de la mise en œuvre de la loi organique sur les lois de finances (LOLF), à l’élaboration de laquelle j’ai travaillé avec Didier MIGAUD, qui préside aujourd’hui la Cour des Comptes.

 

Au début de cette législature, mes collègues de cette même commission des finances m’ont élu comme représentant de l’Assemblée Nationale au sein de la Commission de Surveillance de la principale institution financière publique du pays : la Caisse des Dépôts et Consignations

 

Comme Président de la Commission de Surveillance depuis juillet 2007, j’ai porté devant le Parlement la réforme de la gouvernance de cette institution créée en 1816, qui gère, entre autres mandats, celui de l’épargne réglementée connue au travers du  livret A.

                                                                                             

Je l’ai fait dans un esprit de consensus républicain pour renforcer le contrôle parlementaire et garantir l’autonomie de cet outil irremplaçable dont la crise économique et financière a rappelé l’utilité au service du pays. C’est aussi dans ce sens que j’ai porté la redéfinition des relations financières entre l’Etat et la Caisse,  le débat sur la centralisation de l’épargne réglementée et sur l’ouverture du capital de La POSTE.

 

Avec le Directeur Général, Augustin de Romanet, nous avons défini les nouvelles orientations stratégiques de l’institution au début de la législature. Nous avons répondu aux attentes du Président de la République et du Premier Ministre pour que la Caisse des Dépôts joue pleinement son rôle d’acteur contracyclique et d’amortisseur de la crise depuis 2008 sur l’ensemble du territoire, y compris en Savoie.

 

La Commission de Surveillance achève en ce moment la construction du modèle prudentiel de la Caisse des dépôts et arrêtera le niveau des fonds propres comme l’a prévu la loi de modernisation de l’économie. Cette action vise à préserver les moyens d’intervention de la Caisse des Dépôts dans la durée.

 

Cet engagement dans le contexte de la crise d’ampleur exceptionnelle que nous traversons,  a mobilisé beaucoup de mon énergie.

 

Pour autant, j’ai été attentif à ce que cette mission ne porte pas atteinte à mes responsabilités locales et puisse au contraire faciliter le règlement de nombreux dossiers savoyards confrontés eux aussi à la  raréfaction de la dépense publique et des financements bancaires.

 

Comme pour chaque élu de notre pays, le temps consacré à l’action publique est souvent sans limite et pesant pour sa famille qui en partage les contraintes.

 

A l’intensité de ce mandat, aux contraintes assumées d’une fonction élective, s’est ajouté il y a deux ans l’imprévu d’un accident de santé majeur.

 

C’est pourquoi j’ai souhaité prendre le temps de la réflexion sur une nouvelle candidature. Au terme de celle-ci, j’ai décidé de ne pas me représenter à vos suffrages, aussi bien dans la circonscription de Chambéry où j’étais sollicité, que dans celle de la Combe de Savoie du Val Gelon et de la Maurienne où je sais que beaucoup espéraient me voir poursuivre mon engagement.

 

Ce choix n’a pas été facile tant je reste attaché à l’action publique, qui a guidé ma vie. Attaché aussi à celles et ceux qui m’ont accompagné dans ce parcours et à vous-même qui m’avez constamment renouvelé votre confiance depuis 1982 comme Conseiller Général de Chambéry et à quatre reprises depuis 1993 comme Député.

 

Engagé dans la vie publique au sein du mouvement Gaulliste, je suis entré en politique par passion d’agir et par passion de mon pays, considérant comme l’écrivait André MALRAUX que « les idées n’étaient pas faites pour être pensées mais vécues ».

 

Avec Pierre DUMAS qui m’a accordé sa confiance pour les élections cantonales de 1982 et qui m’a apporté son soutien dès ma première campagne législative en 1988 dans cette circonscription dont il a lui-même été le député, j’ai appris l’exigence d’une action publique impartiale et ambitieuse.

 

Au fil de mes mandats, avec les élus savoyards nous avons fait profondément changer cette circonscription avec la réalisation de l’autoroute de Maurienne, le développement des domaines skiables et des capacités d’hébergement touristique en Maurienne, la reconquête des friches industrielles, le développement des parcs d’activités : Arc/Isère,  Le Parc du Héron à La Rochette,  Alpespace dans le Canton de Montmélian et  la desserte gazière de la Maurienne et du Val Gelon.

 

Le projet de ligne nouvelle ferroviaire Lyon/Turin sera passé du concept à la phase de réalisation, en même temps que le trafic poids lourds sera resté réparti entre les vallées alpines.

 

Je souhaite sur ce dossier saluer la qualité du travail commun accompli avec Louis Besson dans ses fonctions de Président de la Délégation Française à la Commission Inter-Gouvernementale.

 

Le projet de ligne aérienne très haute tension, Grande Ile-Piossasco, que nous avons combattu dès l’origine avec René GIRARD, François PEILLEX et Philippe BOST, aura trouvé enfin une solution souterraine respectueuse de nos paysages comme nous l’avions souhaité dès 1993 avec Michel BARNIER.

 

La protection contre les crues de l’Arc et de ses affluents aura donné lieu à des travaux sans équivalent depuis le règne de CHARLES-FELIX.

 

Notre circonscription aura bénéficié de la plupart des outils des politiques d’aménagement du territoire au niveau national comme d’une couverture exceptionnelle par les programmes de financements européens.

 

A l’Assemblée Nationale depuis 19 ans, successivement rapporteur pour la commission des finances du budget, des transports terrestres, du tourisme, du travail puis de l’enseignement supérieur, j’ai eu la chance de participer à des réformes dont l’impact positif est aujourd’hui unanimement reconnu comme la régionalisation des services de voyageurs de la SNCF, l’incitation à la création des résidences de tourisme, le renforcement des pouvoirs des élus dans les parcs nationaux, l’autonomie des universités pour laquelle nous avions organisé une mission d’évaluation et de contrôle avec mon Collègue Alain CLAEYS.

 

J’ai également pu faire progresser la législation relative aux territoires de montagne,  dont j’ai présidé les différentes instances, dans de nombreux domaines, (gestion des risques naturels, chalet d’alpage, dotation des communes, fiscalité sur l’hydro-électricité, politique de massif, agriculture). J’ai contribué à la création de nouveaux outils de la politique d’aménagement du territoire ou de la protection du patrimoine monumental, dont les retombées ont été significatives pour la Savoie.

                                                                  

Aujourd’hui, je remercie mes suppléants successifs, qui n’ont eu d’autre ambition que celle de partager mon  attachement à la Savoie et le dévouement à nos concitoyens : Suzanne JACON, Léopold DURBET et Christian ROCHETTE. Je leur dis ma fidèle amitié. C’est grâce à eux que j’ai pu trouver la disponibilité pour l’action nationale.

 

Je salue aussi Pierre-Marie CHARVOZ que j’ai accompagné dans sa première élection au Conseil Général et que j’ai choisi comme suppléant en 2002 puis en 2007.

 

Je remercie mes collaboratrices et collaborateurs de l’équipe du secrétariat parlementaire depuis Sylvette CLOCHEY qui aura accompagné l’ensemble de ce parcours, jusqu’à Emilie BONNIVARD qui a fait le choix de quitter sa vie professionnelle à Paris pour venir travailler à mes côtés dans sa vallée de Maurienne comme Assistante Parlementaire. J’ai la conviction que ses qualités et ses compétences seront durablement utiles à notre Circonscription.

 

Je remercie les élus de toutes sensibilités avec qui nous avons noué, dans le respect des convictions de chacun, des liens de confiance. Beaucoup m’avaient assuré leur soutien pour l’échéance de 2012.

 

J’exprime enfin ma gratitude à toutes celles et tous ceux qui se sont engagés pour nos idées communes durant ces 30 années de vie publique.

 

Nul n’est propriétaire de son mandat et il ne m’appartient donc pas de désigner un successeur.

 

La constitution de la Vème République prescrit que les partis politiques concourent à l’expression du suffrage universel. Il appartient donc aux militants et aux responsables de l’UMP, ma formation politique, dont j’ai reçu l’investiture pour les précédents scrutins, de choisir un candidat en son sein ou de soutenir un autre candidat, auquel je ne manquerai pas d’apporter mon appui.

 

L’Assemblée Nationale m’a donné l’occasion de rencontrer des élus dont l’immense majorité est dévouée à sa région et sert la France avec passion, même s’ils ne partagent pas les mêmes idées.

 

C’est la richesse de la démocratie, qui demeure notre bien commun. Bien encore trop rare dans le monde.

 

Certains comme Pierre MEHAIGNERIE et Didier MIGAUD qui ont présidé la Commission des Finances, ou Gilles CARREZ, Rapporteur Général du Budget, avec qui nous avons partagé l’action dans la majorité comme dans l’opposition, sont devenus des amis. Il en est de même de Bernard ACCOYER avec qui nous avons été élus pour la première fois en 1993. Avec d’autres : Charles de COURSON, Jean-Pierre BRARD, Thierry CARCENAC, nous avons mené le combat pour le renforcement du contrôle parlementaire et budgétaire au sein de la mission de la Loi Organique relative aux lois de Finances (LOLF). La LOLF qui rapproche progressivement le parlement français des parlements scandinaves et anglo-saxons les plus exigeants en matière de transparence budgétaire.

 

Le choix de ne pas me représenter étant fait, j’entends mener le mandat que vous m’avez confié jusqu’au bout et m’attacherai à l’aboutissement positif des derniers dossiers. Parmi ceux-ci l’approvisionnement énergétique de l’usine RIO TINTO ALCAN de Saint-Jean-de Maurienne essentielle à la vie de la vallée et  pour lequel je viens de faire adopter d’ultimes améliorations législatives.

 

Au-delà du mois de juin 2012, je demeurerai un élu local comme Conseiller Général de la Savoie.

 

D’ici là, je participerai à la campagne pour l’élection présidentielle en m’engageant à nouveau aux côtés de Nicolas SARKOZY. Je sais depuis notre jeunesse la profondeur de son attachement à la France. J’ai pu mesurer au cœur de la crise le sang froid et la lucidité du Président de la République quant aux solutions de long terme à mettre en œuvre pour permettre à la France de surmonter les difficultés, préserver son modèle social et assurer un avenir à sa jeunesse.

 

Il est aussi le Président qui au travers d’une réforme constitutionnelle ambitieuse aura conforté les libertés publiques et renforcé le rôle du Parlement.

 

Après avoir voté les mesures indispensables au rétablissement des finances publiques au premier rang desquelles la réforme des retraites, j’apporterai mon soutien aux derniers textes de la législature, car comme le rappelle le Premier Ministre François FILLON, l’urgence de l’action de réforme ne peut être différée, dans un monde qui change et qui ne nous attendra pas.

 

Plus que jamais, je reste fidèle aux valeurs du gaullisme social portées avec Philippe SEGUIN et François FILLON.

 

Je poursuivrai mon engagement aux côtés du Premier Ministre à qui me lie une relation d’estime pour l’homme d’Etat qu’il est devenu, et d’amitié.

 

Ce dernier rappelait il y a quelques mois qu’on ne progresse plus en parcourant toujours les mêmes chemins.

 

C’est parce que je souhaite encore progresser dans le service de l’intérêt général, mais le faire différemment, que je serai amené après m’en être entretenu avec le Président de la République et le Premier Ministre à assumer, au terme de ce mandat, de nouvelles fonctions.

 

Vous renouvelant ma reconnaissance pour la confiance que vous m’avez témoignée, je vous assure, Chère Madame, Chère Mademoiselle, Cher Monsieur, de mes dévoués sentiments et de ma fidélité.

 

 

  Michel BOUVARD